Conception et fabrication

Le moment de la conception est un moment fort. L’image se forme dans l’esprit du créateur. Elle s’impose parfois brutalement, comme une évidence.

 

D’autres fois, c’est petit à petit, comme une silhouette sort de la brume et se rapproche. Parfois, c’est un croquis, pour garder la trace de l’idée. Et, pour se rendre compte, des pierres posées à la pince sur les traits. D’autres fois, si l’idée est plus précise, plus nette, ou pour vérifier directement un rendu, Philippe Algier travaille immédiatement en trois dimensions.

Comme un enfant, aussi émerveillé qu’un enfant, mais attentif aux détails, précis, précautionneux, l’homme commence son travail à la pâte à modeler. La matière est malléable. Les pierres s’y logent en douceur, naturellement. Et, très vite, la pièce prend forme. On peut alors travailler le métal.

Direction l’atelier. Là, les artisans s’affairent. Or, métal chauffé, fondu, coulé, martelé, tordu... Les gestes sont minutieux. On prend le temps de bien faire. De chaque pièce conçue on gardera un moule pour couler à nouveau le métal dans la forme précise voulue par le créateur. C’est toute la richesse de la maison Algier, des centaines de moules comme autant de traces de l’œuvre accomplie au fil des siècles.

Les pierres précieuses sont serties une à une : les minuscules griffes se referment. Les pierres ne bougeront plus.

Lorsqu’un modèle est prêt, que son équilibre est au rendez-vous, qu’il a ce qu’il faut de modernité, on va le décliner, travailler plusieurs pièces : broches, pendentifs, piercings, pour que la gamme, comme en musique, soit complète.